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Titre de la page Cambdoge

Un pays dans la tourmente

Ayant obtenu son indépendance de la France en 1953 et sous la conduite de Sa Majesté le Roi Norodom SIHANOUK, le Cambodge connait jusqu'à 1970, une période de prospérité.
D'importantes difficultés surgissent à partir de cette date, du fait de la répercussion de la guerre du Vietnam.

Les 30 dernières années

  • La République : 1970-1975
  • Le KAMPUCHEA démocratique : 1975-1979
  • La République Populaire du KAMPUCHÉA : 1979-1992

Pas à pas vers la démocratie

  • La Monarchie Constitutionnelle 1ère coalition :  1993 –1998
  • La Monarchie Constitutionnelle 2ème coalition : 1998 - 2003
  • La Monarchie Constitutionnelle 3ème coalition : 2003 à ce jour

La République 1970-1975

L’Assemblée Nationale vote la déposition du chef d’état, le prince Sihanouk en 1970.

Celui-ci prend la tête d’un mouvement de résistance aux côtés des Khmers Rouges qu’il combattait antérieurement.

C’est ainsi que les Khmers Rouges passèrent de 3000 à 4000 combattants à 60.000 avec les soldats du Funk (Front uni lancé à partir de Pékin).

Le général Lon Nol, premier ministre, procède à des pogroms contre les civils vietnamiens et Hanoi réplique en envahissant le Cambodge. L’ aviation américaine déverse 3 fois plus de bombes sur le Cambodge qu’il n’y en eût de versées sur le Japon pendant la seconde guerre mondiale.

Nixon et Kissinger parlent d’un "side-show" ou "tragédie sans importance"

L’étau se resserrant autour de Phnom Penh, la capitale passera de 600.000 habitants en 1970 à plus de 2 millions en 1975 (pour une nation de 7 millions d’ames).

En 1973, Kissinger refuse les pourparlers proposés par Sihanouk.

En 1975, les américains, après avoir exigé le départ de Lon Nol, entament des pourparlers avec Pékin pour le retour inconditionnel de Sihanouk.

La pression des Khmers rouges oblige la Chine à se défausser .

La corruption s’étant installée autour de Lon Nol, les Khmers rouges et les soldats du Funk balaient les 250.000 soldats de Lon Nol.

Le 17 avril, une semaine avant le départ des américains du Vietnam, les Khmers rouges (des adolescents de 14-15 ans) entrent dans Phnom Penh.

Cette période de 5 ans se solde déjà par la mort de 550.000 personnes.

La république de 1970 à 1975

Le Kampuchéa Démocratique 1975-1979

Un des idéologues les plus connus des Khmers rouges, Khieu Samphan, avait rejoint Saloth Sar (le futur Pol Pot) et Leng Sary à Paris. Il préconisait déjà, dans sa thèse, des réformes radicales qui furent mises en application et perfectionnées 25 ans plus tard au Cambodge :

  • la consommation urbaine est un parasite de l’économie khmère, il faut transférer les forces de travail sous-utilisées en ville vers le secteur agricole qui sera organisé en coopérative.
  • la superstructure culturelle (la famille,la religion, les traditions) doit disparaître devant les impératifs économiques,
  • la pureté se trouve chez le paysan mais aussi chez l’enfant.

Le modèle qui fût appliqué s’inspirait du miracle d’Angkor (maîtrise de l’eau et de la terre par la construction de barrages et de digues....) "il n’est de richesse que dans le riz" mais surtout de la Chine de la révolution culturelle et de son grand bond "en avant" des années 1950 à 1960.

La période du Kampuchea Démocratique peut se diviser en 4 parties :

Du glorieux 17 avril au début de l ‘année 1976 on assiste à :

  • L’évacuation totale en 2 jours de la population de Phnom Penh (vieillards, blessés, femmeS, enfants...) vers les campagnes et la destruction de toutes ses infrastructures (monétaire, juridique, sanitaire, scolaire, postes et télécommunications, transports, liaisons aériennes...).
  • La fermeture des frontières et au silence total ( aucune ambassade accréditée).

La seconde partie de janvier à septembre 1976 voit:

  • la proclamation de la constitution et l’élection de Pol Pot en tant que premier ministre.
  • La mise aux arrêts de Sihanouk dans son palais et l’extermination d’une partie de sa famille.
  • Les premières dissensions et tortures infligées à ses propres troupes (20 000 Khmers rouges de 1975 à 1979 dans le fameux " lycée " de Toul Sleng de Phnom Penh).
  • La mise en place d’un plan programme de 4 ans surréaliste et meurtrier.

De septembre 1976 à septembre 1977:

  • La situation alimentaire passe de grave à dramatique, la ration de riz atteint les 50 grammes par jour puis quelques grains dans une soupe d’eau claire (une ration normale = 700 grammes) pour un travail harassant de 10 à 12 heures.
  • Pol Pot, en lutte contre le Vietnam et sous la pression de la Chine, annonce enfin son appartenance au parti communiste après des années de dissimulation.

La dernière période est dominée jusqu’en janvier 1979 par le conflit avec le Vietnam:

  • Giap, Général vietnamien, envahit l’est du Cambodge.
  • Devenu paranoïaque Pol Pot fait exterminer 500 officiers, ses propres troupes ainsi que la population de la zone est et pousse ainsi Hun Sen, premier ministre actuel et Heng Samrin futur président à rejoindre le Vietnam.
  • Les troupes vietnamiennes chassent les Khmers rouges et installent Heng Samrin au pouvoir.

En l’espace de 3 ans, 8 mois et 20 jours, 2,3 millions (?) de cambodgiens disparurent (soit environ 30% de la population) notamment les fonctionnaires, les médecins, les bonzes, les enseignants et toute personne portant des lunettes.

"À vous garder nul profit, à vous éliminer nulle perte"

La république populaire du Kampuchéa 1979-1992

L’arrivée des vietnamiens sauva la vie à des centaines de milliers de cambodgiens ; de nouvelles purges étant prévues en janvier 1979. À l’ONU le choix kafkaïen entre "la peste" ( le nouveau régime dénoncé par Sihanouk et tenu par d’anciens Khmers rouges) et "le choléra" (le Kampuchéa démocratique de Pol Pot) tourna à l’avantage de ces derniers.

L'accès de Phnom Penh resta interdit pendant 6 mois pour remise en état technique et pillage par les libérateurs...

Pendant cette période le Vietnam se conduisit comme un colonisateur avec ses 190.000 bo doi et ses 700.000 colons et organisa ainsi une exploitation économique du Cambodge.
Le peuple du Kampuchéa fut ainsi condamné à recommencer sa révolution à partir de zéro !

Pendant toute l'année 1979 et jusqu'en 1980 la recherche par les milliers de cambodgiens de leurs proches ne permit pas la culture des rizières et la famine sévissait partout. Quelques rares aides humanitaires furent autorisées à intervenir...

Par contre celles-ci intervinrent de façon extraordinaire sur le sol ThaÏlandais dans le camp fermé de Khao-I-Dang (150 000 réfugiés) et les 10 camps (250 000 déplacés) situés dans une zone tampon de 30 kilomètres de large entre la Thailande et le Cambodge.
Un gouvernement de coalition regroupant les 3 factions de résistance armée de l'ANPLK, l'ANS (Armée nationale sihanoukiste), et des Khmers rouges, fut finalement formé à Jakarta sous la présidence de Sihanouk en juin 1982.

L'offensive de 1984-1985 des vietnamiens repoussa les camps du no man's land en Thailande sur 3 sites dédiés aux 3 factions armées. Elle s'inscrivait dans une stratégie plus large, le plan K5 où :

  • des centaines de milliers de cambodgiens furent contraints d'ériger un "mur" pour sceller la frontière sur 800 kilomètres. Il s'agissait d'un "second 17 avril" où 5% à 8% des réquisitionnés périrent de malaria ou par les mines. Un grand nombre d'amputés disent avoir perdu leur jambe pendant le K5.
  • une faction sauvage de 5 ans fut accompagnée de désertions atteignant 50% et de ventes d'armes.

En 1986, Gorbatchev se retirant de l'Afghanistan et se rapprochant de la Chine, les vietnamiens victimes d'un blocus occidental, confrontés à une situation économique désastreuse et face à une impasse militaire au Cambodge admirent le principe de s'en dégager. Sihanouk de son coté, las de l'opposition de la Chine et de ses partenaires entreprend seul des discussions notamment avec Hun Sen qui vont engendrer des initiatives heureuses. Une première conférence organisée par la France est en 1989 un échec.

En 1990, les Nations Unies offrent leur médiation et ce n'est que 2 ans après des péripéties diverses que l'APRONUC (22 personnes venues de 31 pays différents) organise le rapatriement des 370 000 réfugiés, le déminage des sites d'installation, la démobilisation de chaque faction, la préparation des élections en avril 1993, et la reconstruction du pays. Cette forte intervention de l'ONU constitua un facteur supplémentaire de déstabilisation de la société Khmère et uniquement 2 des objectifs fixés furent atteints : le rapatriement et les élections.

Malgré l'interdiction de voter sous peine de mort, d'assassinats, d'enlèvements... , 90% des inscrits votèrent.

Seules 12 000 mines furent désamorcées parmi les quelques millions (2 à 10 ?) existantes dans les zones de redéploiement.

La république de 1975 à 1992

Chroniques Cambodgiennes : Camps de Sakeo et de Khao-I-Dang

Drum Chan - 12 ans : "Qu'est ce qui me rendrait heureux ? Je ne sais pas, je n'espère pas trouver le bonheur".

Huot Sambo - 12 ans : "mes parents sont morts d'abord, ensuite ma soeur ainée et puis mes deux jeunes frères sont morts. Je les ai enterrés moi-meme. Mais ça n'a plus d'importance maintenant. Je veux seulement étudier beaucoup pour devenir docteur".

Phal Lon - 10 ans : "C'est quoi une poupée ?".

La Monarchie - Première coalition 1993-1998

La constitution votée le 3 septembre rétablissait le Cambodge comme une Monarchie dans laquelle "le roi règne mais ne gouverne pas".
Le pays reprit le nom de Royaume du Cambodge.

Le FUNCIPEC, parti du prince Ranariddh (fils de Sihanouk) obtint 45% des suffrages et le PPC, parti de Hun Sen au pouvoir, uniquement 38%. Criant à la fraude et suite à la sécession de 6 provinces, le PPC obtint des concessions énormes notamment dans la répartition des sièges à l’Assemblée Nationale. Le gouvernement était dirigé par 2 premiers ministres : Ranariddh et Hun Sen et constitué de 108 membres. Chaque ministère vit la nomination de 2 ministres (FUNCIPEC et PPC).
Ranariddh s’isole et perd ainsi l’appui de Sam Raisy, du prince Sirivudh et le contrôle des administrations.

Hun Sen procède à un coup d’état les 5 et 6 juillet 1997 et Ranariddh est obligé de s’enfuir.

Le plan japonais de 1998 soutenu par les États Unis, la Russie, la CEE, l’ASEAN permet au Prince de revenir en mars (malgré un procès mascarade contre lequel s’insurge le roi) et la préparation de nouvelles élections pour juillet 1998.

Pendant ce temps, on assiste, mi-mars, à la première désertion des Khmers rouges, à la prise de Anlong Veng, base principale des Khmers rouges, à la mort de Pol Pot le 15 avril et à la prise des 200 collines.

Les violences à la veille des élections redoublent et on assiste à 90 assassinats de personnes du FUNCIPEC..." l’impunité est le plus sérieux problème au Cambodge "

350 observateurs cautionnent les résultats des élections organisés dans 13 000 bureaux.

La monarchie de 1993 à 1998

La Monarchie – Deuxième coalition 1998 – 2003

Le 26 juillet 1998, le PPC gagnent les élections sans toutefois obtenir la majorité.
Le FUNCIPEC arrive en second et le parti de l’ancien ministre des Finances de Ranariddh, Sam Raisy, en troisième position.

Le Roi intervient en décembre avant son départ en Chine pour aider les protagonistes à se mettre d‘accord sur la constitution d’un gouvernement définitif.

Hun Sen est le Premier ministre, le prince Ranariddh devient le président de l’Assemblée Nationale.

Le cabinet du gouvernement est constitué de 82 membres ; la Défense et l’Intérieur sont tenus par 2 ministres (PPC et FUNCIPEC) pendant que les autres ministères sont répartis équitablement.
2 secrétaires d’état (un par parti) sont désignés dans chaque ministère.

La répartition entre le PPC et le FUNCIPEC apparaît comme plus équilibrée et le gouvernement plus acceptable. Le parti de Sam Raisy est désormais l’ennemi à abattre pour Hun Sen.

On assiste progressivement à un très lent renouveau au milieu de la corruption, la spoliation des terres, les enlèvements ...et la misère du petit peuple des campagnes.

La monarchie de 1998 à 2003

La Monarchie Constitutionnelle - 3ème Coalition 2003-à ce jour

Conformément à la Constitution de nouvelles élections législatives se sont déroulées en Juillet 2003, sous tension mais sans incidents majeurs et sous contrôle international.

Trois partis majeurs (et de très nombreux autres) se sont affrontés :

  • le PPC conduit par M Hun Sen premier ministre
  • le FUNCIPEC conduit par le Prince Ranaridh, Président de l’assemblée nationale
  • SAM RAISY conduit par M SAM Raisy ancien ministre des finances

Et ont obtenu :

  • PPC : 73 sièges
  • SAM RAISY : 24 sièges
  • FUNCIPEC : 26 sièges

La Constitution exige une majorité des 2/3 pour mettre en place l’Assemblée Nationale et constituer le gouvernement.

Onze mois ont malheureusement été nécessaires pour trouver cette majorité, malgré de multiples interventions du Roi Norodom Sihanouk.

La pression internationale (renouvellement de l’aide de l’Union Européenne , date limite d’adhésion à l’OMC...) a fini par amener deux belligérants sur trois (PPC, FUNCIPEC), véritables frères ennemis, à mettre fin à leurs querelles et à définir un accord de partenariat pour la législature.

En juillet 2004, l’Assemblée Nationale (son Président est le Prince Ranaridh) et le Gouvernement (le premier ministre est M. HUN Sen) sont mis en place. Une véritable inflation des postes ministériels est constatée et entraîne une augmentation de budget de près de 50 millions de dollars US : 7 vice-premiers ministres au lieu de 2, 15 ministres d’état au lieu de 8, 5 secrétaires d’état par ministère au lieu de 2 et autant de sous secrétaires d’état ; la même inflation est constatée dans la nomination des Vice-Gouverneurs dans les provinces.

Le Roi Norodom Sihanouk, après avoir obtenu la mise en place du Conseil de Régence prévue par la constitution de 1993 et toujours reportée, abdique, contre toute attente, en novembre 2004.

Le Roi Norodom Sihamoni, un de ses fils, est proclamé Roi du Cambodge en décembre de la même année.

27 juillet 2008, de nouvelles élections législatives ont lieu.Une dizaine de partis politiques convoitent les voix de 8 millions d'électeurs, dont les trois principaux, le PPC au pouvoir, le FUNCIPEC et le PSR.

Favori des sondages et de la population, le PPC de Hun Sen, s'appuyant sur un différent frontalier avec la Thaïlande (le sanctuaire de Preha Vihear) exacerbe le sentiment nationaliste des Cambodgiens pendant la campagne.

Il remporte les éléctions avec 72 % des votants (90 sièges sur 123).